La vengeance est un plat qui se mange froid

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Dantès sur son rocher, affiche de Paul Gavarni, 1846, source BNF

C’est l’histoire d’un homme, qui, trahi par les siens pour des raisons de basse morale (jalousie, ambition, lâcheté) se retrouve enfermé dans les geôles du Château d’If. Découvrant que ce n’est pas la Providence qui l’a privé du bonheur qui lui était promis, il jure la perte de ses bourreaux. Si l’intrigue est simple_ la vengeance_ la trame du roman est véritablement complexe. En effet, Monte-Cristo que les malheurs ont rendu aussi puissant que cruel, élabore un plan machiavélique dont ni les personnages, ni les lecteurs ne soupçonnent le, ou plutôt les, dénouements. S’il prend son temps pour accomplir sa vengeance, Dumas prend le sien pour la narrer. Mais cette œuvre de 1500 pages est palpitante grâce au style parfaitement fluide et divertissant de son auteur. Les protagonistes offrent un beau terrain de jeu à la satire qui est parfois un peu convenue (le politicien arriviste, le juge immoral). Notons également la présence assez surprenante, mais qui cette fois, n’a rien de caricaturale, d’un couple lesbien, l’un des premiers dans l’histoire de la littérature française.  Jusqu’à quelle extrémité ira le Comte pour se venger ? Connaîtra t-il le remord ? Sera t-il, enfin, heureux ?

Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas, 1844