La brasserie Mollard: Ça c’est Paris !

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(c) Brasserie Mollard

Paris recèle de nombreuses perles cachées que les touristes sont parfois les seuls à découvrir. La Brasserie Mollard, basée en face de la gare Saint Lazare est un de ces endroits où nous ne serions jamais venus sans un conseil avisé ( #mercipapa ). La décoration de style Art Nouveau datant de 1895 est époustouflante. Comme il est de tradition à cette époque où l’art est dit « total », aussi bien les murs que les luminaires ou les meubles sont dessinés par un même architecte, Edouard-Jean Niermans qui réalisa également les Folies Bergères, le Moulin Rouge et le Casino de Paris. Les sublimes mosaïques sont des allégories de villes ou de régions comme l’Alsace et la Lorraine, dont la cession à l’Empire Allemand, quelques années plus tôt, avait fait un thème courant*. Après la Première Guerre Mondiale, la décoration jugée démodée fut recouverte derrière peintures et miroirs et ne fut retrouvée que dans les années 1960, quasiment intacte, telle une princesse endormie. Dans vos assiettes, les plats s’inscrivent également dans la tradition française. Une cuisine de bistro avec de bons produits et une belle réalisation : gambas sauce à l’abricot, andouillette, colin sauce à l’orange, soupe de pêche au pain d’épice et la fameuse omelette surprise, spécialité de la Maison (meringue au cœur glacé flambée au Grand Marnier). Ce dessert fait écho au menu du même nom qui était servi dans les années 1950 et qui était à volonté pour  10 Francs. Aujourd’hui encore nous vous conseillons les menus, aux prix avantageux et aux choix variés. Le service enfin est impeccable et sympathique. Gageons que vous passerez une belle soirée dans ce bistrot Belle Epoque !

*Parmi ces allégories très sages, se cache la représentation d’une « partie fine »…

Menu 30€ (plat + dessert), Menu 35€ (entrée + plat + dessert)

Brasserie Mollard, 115 rue Saint-Lazare, 75008 – Métro Saint Lazare (01 43 87 50 22)

En attendant Bojangles où l’hymne à la folie douce

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(c) Finitude 2016

C’est un très beau roman que signe Oliver Bourdeaut en dressant le portrait d’une famille dont le noyau central est la mère : une femme à la folie douce envoûtante et dont l’amusante extravagance devient peu à peu destructrice. A travers elle, c’est la relation d’un père et de son fils qui est racontée. Liés par un amour indéfectible pour cette femme, ils sont prêts à la suivre jusqu’au bout du monde, de son monde. La très belle idée de Bourdeaut est de raconter, avec une écriture fine et malicieuse, l’histoire du point de vue de l’enfant avec ce qu’il comporte de naïveté mais également de clairvoyance et de le compléter par celui du père. Le livre se lit en deux temps trois mouvements mais reste en nous comme une chanson entêtante. Cette chanson, c’est évidemment celle de Nina Simone, « M. Bojangles », dont est tiré le titre du roman et qui y tient un rôle majeur. Un air beau et triste à la fois.

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Finitude, 2016

Des couteaux qui tuent

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(c) Stéphanie Biteau

Ça fait plusieurs fois qu’on passe devant le restaurant gastronomique La Table d’Eugène, 18, rue Eugène Sue, en nous promettant d’y aller un jour. Ce jour n’est pas encore arrivé… Par contre, nous avons découvert que le bistro du 16, La Rallonge, appartenait au même propriétaire qui a souhaité ouvrir un second établissement aux prix plus accessibles. Ô joie! C’est bon, très bon même : couteaux à la plancha dans leur sauce vierge tomatée, tartare de daurade façon japonaise (radis blanc, coriandre, sauce ponzu) dont le souvenir hante encore nos nuits, œuf parfait (le bien nommé) dans sa crème d’asperges, champignons et croûtons de pain au charbon végétal (découverte étonnante). Nous vous conseillons de vous installer en terrasse ou bien de choisir, comme nous, les sièges face à la cuisine ouverte. Vous pourrez ainsi observer le travail du très talentueux chef et même satisfaire votre curiosité en lui demandant comment cuire parfaitement un œuf parfait*. Une très bonne adresse.

*25 minutes dans un four à 64°. 🙂

Plats « grande tapas » : entre 9 et 14€ / Desserts : 7€ / Verre de Vin : env 7€

La Rallonge, 16 rue Eugène Sue, 75018 – Métro Jules Joffrin (01 42 59 43 24 – fermé dimanche et lundi)