Cadres Noirs

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(c) P. Lemaître / Livre de Poche

S’il a remporté en 2013 le prix Goncourt avec « Au-revoir là-haut » un roman d’inspiration picaresque, P. Lemaître est avant tout une référence dans le monde du policier. Ce psychologue de formation -cela explique beaucoup de choses- qui écrit seulement depuis une dizaine d’années, s’est en effet illustré avec Robe de  Mariée et la quadrilogie Verhoeven (Travail Soigné, Alex, Sacrifices, Rosy & John). Cadres Noirs quant à lui, s’inscrit dans la tradition des romans noirs américains, populaires à partir des années 1920, dans lesquels le personnage principal est souvent un anti-héros, évoluant dans un univers social violent, avec en filigrane une vision critique de la société. Dans cet opus, nous assistons à la lutte d’un ancien DRH de cinquante-sept ans au chômage depuis quatre ans. Passé de la motivation à la désillusion puis à l’acceptation, il enchaîne les boulots alimentaires humiliants. C’est pourquoi, le jour où on accepte de le recevoir en entretien, il est prêt à tout pour réussir. Même à accepter de  participer à un jeu de rôle prenant la forme d’une prise d’otages qui a pour objectif de tester la réaction des candidats au stress et aux situations de crise*. A partir de là, tout va partir en vrille. En plus de traiter avec justesse les effets dramatiques du chômage sur l’estime de soi et sur celle de son entourage, la dramaturgie du roman est brillante et le suspens total. Le genre de livre que l’on dévore pour en connaitre la fin mais qu’on refuse de lâcher afin de continuer à jouir du shoot d’adrénaline. Vous l’aurez compris, un de nos must.

* Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette histoire est inspirée de faits réels. En 2005 le président de la régie publicitaire de France Télévision à soumis ses cadres dirigeant à une fausse prise d’otage lors d’un séminaire. L’une des victimes a même été licenciée car sa réaction avait été jugée incompatible avec les besoins de l’entreprise. Le président de la régie a finalement été condamné par la Cour de Cassation pour « complicité de violences préméditées, avec armes et en réunion et séquestration».

Cadres Noirs, P. Lemaître, Calmann-Lévy 2010, Livre de Poche 2011

T’es Pad Thaï !

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(c) Kapunka

Cette semaine, nous vous invitons à tester la cantine de Kapunka et sa délicieuse spécialité: le Pad Thaï! Le Pad Thaï est un plat populaire de nouilles sautées avec, selon l’humeur, tofu, poulet, pousses de soja, haricots verts, œuf, cacahuètes, etc. Les pad Thaï de Kapunka sont copieux et satisfont toutes les faims, y compris sans gluten. La carte propose même un pad surprotéiné qui sierra fort bien aux adeptes des salles de sport. Les starters valent aussi le détour (souvenir ému des rouleaux et des brochettes de poulet sauce cacahuète que nous y avons mangés…). Le service est agréable et rapide dans ce restaurant lumineux, qui ne dispose que de cinq ou six tables. On prend aussi le temps de vous conseiller ou de répondre à vos questions sur la culture Thaï. Comptez une vingtaine d’euros pour un plat et une boisson*. A ce jour, le meilleur Pad Thaï que l’on ait mangé à Paris. Et pour tenter de reproduire chez vous la recette du chef, c’est ici!

*Kapunka existe également en version moins cantine, plus restaurant, c’est le Monsieur K, 10 rue Marie Stuart (2e)

Entrées 5,50 à 9€ ; plat 12 à 16€ / thé ou Singha Beer 4€

Kapunka, 51 rue Saint Sauveur, 75002 – Métro Sentier ( 09 81 90 15 48 -fermé le dimanche)