David Hockney

Si le métro parisien est déserté l’été, c’est loin d’être le cas du Centre Pompidou dont la rétrospective du peintre David Hockney rencontre un fort succès! Explications… 

a_bigger_splash_hockney_reve_familier
A bigger Splash © David Hockney Collection Tate, London, photo Rêve familier

50 ans de carrière : L’exposition rassemble 160 œuvres éclectiques : photographies, peintures, vidéos, collages, gravure et même fax et photocopies, ce qui permet de découvrir toute la variété du travail d’Hockney.

Des références constantes à ses pairs : Hockney ne se revendique d’aucune école artistique mais s’inspire de plusieurs, toutes époques confondues. Ainsi, dans Swiss Landscape*, l’artiste dialogue avec Françis Bacon, Dubuffet, les futuristes italiens ainsi que les américains Morris Louis (Alpha Pi) et Kenneth Noland ! Dans sa truculente série «A rake’s progress » (La carrière d’un libertin), ce sont les gravures de William Hogarth (1733) qui l’inspirent.

Une relecture des thèmes classiques : Une autre particularité d’Hockney est de revisiter les genres traditionnels de la peinture, tels que les paysages, très appréciés au 19e siècle ou les scènes d’intérieur, thème de prédilection de la peinture flamande du 17(Large Interior). Une exception parmi les artistes de la seconde partie du XXe.

Liberté sexuelleDans les années 60, Hockney quitte l’Angleterre puritaine et découvre la Californie et sa communauté LGBT. La lumière, la beauté des villas et de leurs occupants, l’érotisme ambiant, sont autant d’inspirations pour les œuvres qui ont fait sa renommée dans le monde entier (A bigger splash, Pool and steps).

La perspective inversée : Hockney voit la photographie avec méfiance. Ce « cyclope immobile » ne permet qu’un seul point de vue. Il contourne cette difficulté en recomposant des paysages avec un assemblage de polaroïds chacun pris d’un point de vue différent. Il approfondit cette idée en intégrant à sa peinture le concept de perspective inversée, théorisé par le russe Pavel Alexandrovitch Florensky*. Il s’agit de s’affranchir du dogme de la perspective « classique » imposé en occident depuis la Renaissance. Ainsi, à l’instar du cubisme qui déstructurait les objets en les reproduisant sous tous les angles, Hockney multiplie les points de fuite. Il en résulte une impression de mouvement, renforcée par l’utilisation de couleurs vives (Pacific Coast Highway, Large Interior).

Un artiste toujours actif : Aujourd’hui octogénaire, Hockney est toujours prolifique et s’essaye avec succès à de nouvelles techniques telles que la vidéo et le numérique. Arrêtez-vous pour regarder l’enregistrement d’Hockney en train de créer une œuvre sur Ipad, c’est bluffant !

Centre Pompidou, David Hockney, jusqu’au 23 octobre 2017

*vous pouvez voir les œuvres mentionnées sur notre Instagram

*Pavel Alexandrovitch Florensky a publié « Perspective inversée » en 1919. Il était théologien, philosophe, mathématicien, inventeur et prêtre. Il fut condamné au goulag pour avoir rédigé un traité sur la théorie de la relativité et pour ne pas avoir renoncé à son sacerdoce. Il fut exécuté en 1937. Pour en savoir plus sur la perspective inversée on vous recommande ce passionnant article de Diptyque

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s