Irving Penn, une histoire d’élégance

Irving Penn, un photographe de mode? Oui mais pas que…

irving_penn_reve_familier
(c) Poppy « Barr’s White », Irving Penn, New York, 1968

Sorti de l’école d’arts plastiques de Philadelphie, Irving Penn fit ses classes en tant qu’assistant d’Alexey Brodvitch, photographe, designer et directeur artistique du magazine de mode Harper’s Bazaar. En 1941, Penn parti au Mexique avec pour ambition de peindre. Déçu du résultat, il détruisit ses toiles avant de rentrer à New York et se concentra dès lors sur la photographie. Ses premiers travaux réalisés pour Vogue reprennent un thème classique de la peinture à savoir la nature morte et trahissent d’ores et déjà un sens aigu de la composition et de l’esthétisme (Salad Ingredients, New York, 1947). Sur demande du magazine, Penn âgé d’à peine 30 ans doit photographier les plus grandes stars du moment. Il a l’idée de les placer dans un angle exigu, ce qui permet de circonscrire leurs mouvements et de souligner les postures (Dali, Truman Capote). Il gardera cette habitude de travailler en studio avec un décor minimaliste et ce, même lors de ses déplacements à l’étranger. Ce n’est qu’après avoir fait ses preuves en tant que portraitiste qu’il s’attèle aux photographies de mode. Ses photos font la couverture de Vogue et la renommée de Penn à travers le monde. Cependant ce sont des séries plus atypiques ou personnelles qui ont particulièrement attiré notre attention. Ses nus, par exemple, qui sont une réminiscence de son attachement pour la peinture et pour lesquels il réalise un important travail au moment du tirage. Il recourt à un procédé argentique inédit qui consiste à surexposer l’image avant de la blanchir pour obtenir un dépôt poudreux qui nous fait penser à la texture des sculptures antiques (Nude N°18). Sa galerie de petits métiers est également intéressante. Rien d’étonnant à ce que le fils d’un réparateur de montres ait souhaité s’inscrire dans cette tradition qui remonte au 16e siècle consistant à présenter une galerie de personnages, crieurs de rues, artisans et commerçants, dont les métiers et les uniformes sont les marqueurs d’une époque (cf. « Les cris de Paris » gravures éditées par J. Chiquet ou plus récemment le travail du photographe Eugène Atget). Enfin, nous pourrions rester des heures devant les coquelicots, dont Penn s’amuse à révéler les jeux de transparence et de plissés comme il le ferait pour une robe haute couture.

Grand Palais, du 21 septembre au 29 janvier 2018 / Toutes les expos modes du moment sont ici

Publicités

2 réflexions sur “Irving Penn, une histoire d’élégance

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s