Ne m’oblige pas à faire une roulade arrière

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Illustration Fabcaro / Photographie Rêve familier

C’est l’histoire d’un mec en cavale pour avoir oublié la carte de fidélité de son supermarché. Lire la suite

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« Les cloches sonnent sans raison et nous aussi »

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D’après photo (c) Henri Martinie / Roger-Viollet

Etes-vous au calme ? Avez-vous 6 minutes à tuer ? C’est le temps qu’il vous faut pour lire l’un des dix-neuf poèmes de L’Homme approximatif. Lire la suite

Plus d’appétit pour le néant (?)

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Collection (c) Inclinaison / Photographie Rêve familier

Il y a du mystère autour du titre de ce recueil. Il cache le contenu vraiment léger de ces 50 poèmes qu’il contient. Car le ton n’est pas du tout désabusé. Au contraire, il met en appétit. Pour le désir, l’inaction, les mots d’esprit, beaucoup des choses très quotidiennes… C’est de ce néant-là que parle Guillaume Siaudeau. Le néant c’est aussi l’écriture qui se joue d’elle-même, comme dans ce texte de quelques lignes : « Je pourrais t’en parler / des heures / mais ce poème est / bien trop petit / pour ça ». Ce deuxième fil est suivi tout au long du recueil mais il ne prend jamais vraiment le pas sur le premier. Plus d’appétit pour le néant n’est donc ni dépressif ni réservé aux lettrés. Nous vous le conseillons vivement.

Plus d’appétit pour le néant – Guillaume Siaudeau – Inclinaison (2014)

L’effet Subutex®

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(c) Illustration K. Adduchi d’après photo E. Porodina

Dans ce premier Tome dont le titre sonne comme une formule magique, l’auteure nous fait partager les vies de plusieurs personnages violents ou désabusés avec une écriture légère, parfois drôle et même caustique. Elle nous confronte ainsi à des situations qui seraient en réalité désagréables et nous fait aimer des personnages que nous détesterions. Là, étrangement, on en redemande. Une autre particularité de Despentes est qu’elle parle des « marginaux » (prostituées, trans) sans exotisme. Au final, ces personnages attachants ou répugnants gravitent autour de Vernon dont on suit la lente déchéance. Excellent roman qui n’est ni austère, ni glauque. Reste à voir si la prescription fait encore son effet dans les deux autres Tomes de cette trilogie.

Virginie Despentes, Vernon Subutex, Tome 1 © Virginie Despentes et les Editions Grasset et Fasquelle, 2015

Et pour se plonger dans l’excellent univers musical du livre, on vous invite à écouter la playlist ici

Des poulets et des hommes

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(c) Olivier Texier

 

Quelle signalétique permettrait de retrouver les livres d’Olivier Texier dans les rayons d’une immense librairie généraliste ? Marv et Jonny raconte les aventures d’un poulet et de son acolyte amateur de baston. Il y a de l’absurde un peu partout dans ce livre, dans les caractéristiques des personnages (diable en forme de saucisse, streap-teaseuse cyclope), dans leurs valeurs (essentiellement la baston), dans les ressorts mêmes de l’intrigue… Lecteurs peu empreints à ce genre de bandes dessinées, sachez que le format est court (douzaine de vignettes). Vous pourrez donc, selon l’humeur, lire un peu, beaucoup, à la folie, les aventures de Marv et Jonny.

Marv et Jonny, Olivier Texier, Les Requins Marteaux, 2013

Le livre d’Incardona est une arnaque !

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collection Finitude / photographie Rêve familier

Car derrière un très mauvais titre, se cache un très bon livre. Les personnages évoluent dans un univers sordide qu’est l’autoroute en plein mois d’août, vérolé par la présence d’un tueur en série d’enfants. Sujet lourd, donc, poisseux. Et pourtant, avec son écriture incisive et des saillies humoristiques récurrentes qui sont autant de respirations, l’auteur nous maintient la tête hors de l’eau. Les personnages de cette tragédie grecque, meurtris ou meurtriers, avancent implacablement vers leur Destin. Les phrases sont brèves, le style est cru. C’est une toile de Pollock avec de la pisse, de la bile et de la rage. Ce petit tour sur l’autoroute en laissera certains sur le bas côté mais les autres se paieront une virée d’enfer.

Derrière les panneaux il y a des hommes – Joseph Incardona, Finitude, 2015